Mode d'emploi

Ce Journal est celui d'une jeune femme banale.
Il est a usage personnel (et plus si affinités), avec dedans, quelques sorties, quelques idées, des pensées, des passages du quotidien, des fautes d'orthographe, des citations latines ou bibliques, des images de couture, et de peintures, quelques dessins, quelques essais et surement quelques coups de gueule hystériques de passage.

Ce Journal remplace le précédent, sans forcément plus de maturité, mais avec la certitude qu'on ne fait un joli gris qu'en y mettant du bleu.


vendredi 28 juillet 2017

[ Photo ] Camelopardalis

Un peu de douceur dans ce monde de cathéters, de radiofréquences, de recanalisations veineuses et d'embolisations artérielles.
Cher Journal je te présente la chose la plus mignonne du monde entier jusqu'à la lune. Preuve ultime que je n'ai aucune volonté.
Preuve aussi qu'il a fallu compenser ces trois semaines de radiologie interventionnelle coupées par ma propre expérience comme patiente. Et honnêtement cette année, malgré les rdv perso au milieu, une HDJ, une ponction lombaire et des anesthésistes là, puis pas là, puis re là, "mais t'es où ? pas là !" ... le tout encadré par des céphalées persistantes, ça a été, beaucoup mieux que l'année dernière.
Tu auras droit à un post dramatique ultérieurement, qui concerne la prise en charge de cette foutue HTIC et la probable annulation de mes vacances.
En attendant ça va, c'est mon dernier jour avant de retourner au secrétariat, je suis contente de mon travail, je suis rassurée comme patiente, et puis osef, regarde moi cette petite girafe trop mimi lààà ! 





(Et y'avait du gâteau de Chapo aussi.)
Des bisous !

lundi 17 juillet 2017

[ Perso ] l'HTIC.

Hey cher Journal

Je crois qu’il est temps de t’informer.
J’ai décidé de tout lâcher.

Nous sommes aujourd’hui à plus d’un mois de maux de tête quasi constants. Ils me laissent peu de répit. La douleur n’est pas migraineuse, mais c’est très fatigant, en fin de journée mes yeux ne font plus de mise au point automatique, je force pour ne pas voir double, j’ai mal tout le temps, je ne suis plus ni capable de tenir une conversation, ni d’être totalement là, et ma patience tend vers moins l’infini.

J’ai essayé de faire face comme une adulte, et à la troisième semaine je suis allée chez le médecin : une première en 6 ans.
J’ai échangé mon chèque de 25€ contre une ordonnance pour une IRM, avec difficulté d’ailleurs.
Je trouve scandaleux qu’une généraliste qui ne voit sa patiente que tous les 6 ans soit à la limite démissionnaire. Pour me voir si peu souvent, elle se doute que je ne suis pas du genre hypocondriaque. Je travaille en radiologie, à l’hôpital, et avant ça en IRM, donc quand je demande un examen j’ai peut-être des raisons et médicales et un minimum de recherche pour l’appuyer. Mais non « c’est surement rien, mais si vous voulez une IRM pour vous rassurer… » Un scandale en vrai. « Je vous prescris quelque chose pour la douleur ou l’ibuprofène ça vous suffit ?». Ibuprofène payé de ma poche hein. Je ne coute pas cher à la Sécu.
Salut, ici on fait son diagnostic soi-même et aussi la thérapeutique. Dude seriously ?

Il se trouve que j’ai la chance d’avoir des collègues beaucoup plus réactifs en IRM justement. J’ai eu un rdv 2 jours après ma consultation. On m’a prise en charge, même quand mes anciens collègues essayaient de discuter ou de me mettre à l’aise et qu’ils voyaient bien que j’arrivais à peine à suivre. J’ai fait un tour de 30min dans la machine, histoire de bien tout balayer. Un petit mot de mon ancien chef de service pour me rassurer « c’est bientôt à toi, je jetterai un œil ce soir ».  Un petit mot d’un nouveau PH que je ne connais pas pour me dire que oui, j’ai effectivement les gaines optiques dilatées, c’est surement une HTIC. « Ah bon vous n’êtes suivie que par votre généraliste au fin fond de Pont de Claix ? Je vais vous programmer un bilan ophtalmo rapidement pour poser le diagnostic, ensuite il faudra passer par la Neurologie, il ne faut pas laisser trainer, passez par notre service si les choses ne sont pas assez rapides, on les accélèrera ! »

Mon mal de scanner et moi on a donc patienté gentiment 3h en ophtalmo le mardi suivant.
Un fond de l’œil (avec deux examens lumineux pour le prix d’un), un scanner du nerf optique, et deux test ophtalmo bateaux plutard, je suis repartie avec une demande ponction lombaire envoyée à la Neuro. Et des explications supplémentaires sur mon HTIC. Dans la journée, j’ai eu un rendez-vous pour la ponction, en hôpital de jour. Vendredi qui vient. Là. Dans 4 jours. La panique putain.

[ Insérer ici un insulte bien choisie à ma toubib : une HTIC maggle, surement rien. ]

Depuis, j’ai essayé de me reposer, mais quelques temps avant l’IRM j’ai commencé à paniqué, je me réveillais la nuit avec la sensation d’étau, commençait alors l’insomnie (de plus de 2h30) : j’ai peut-être une tumeur ? un kyste ? un hématome ? un anévrisme prêt à péter ?
Je suis devenue muette… je me contentais de me lever, d’aller bosser, et de répondre aux sms. Ça les a fait flipper les copains. Et moi aussi, voire d'avantage quand prise de panique, j’envoyais un message FB au hasard des gens connectés pour trouver une discussion légère qui me ferait penser à autre chose. Manque de bol, proches ou potes, on m’a répondu 2 jours après, je me suis sentie seule, très seule, très très seule. Et paniquée.
Et en colère aussi, un peu quand même.

N’étant déjà pas quelqu’un d’envahissant, et de plutôt ingrat en amitié, j’ai été forcée de constater que mes latences mentales et mon manque de réactivité ont tiré sur une sonnette d’alarme cependant.
J’ai reçu beaucoup de soutient par SMS, et par messagerie de gens qui parfois vivent à 750km. Des gens qui se sont souvenu de chaque rendez vous. Je me suis contentée, tel un robot, ou comme dans un des comptes rendus que je tape, de raconter à ceux qui demandaient. De toute façon, utiliser des émoticons ou exprimer ce que je ressentais était trop difficile (2 jours avant une réponse… ça bloque). J’ai même pratiqué le copier/coller à un moment. La honte.

Je suis sortie entre copines samedi dernier, je me demande si j’ai réussi à faire acte de présence ou si j’ai juste ponctué de temps à autre de conneries, je me rappelle juste que j’étais triste, parce que je n’arrivais pas à suivre tout ce qui se passait (enfin comme on a les amies qu’on mérite, j’ai quand même chanté à tue-tête du Disney dans la bagnole pour revenir, comme tout le monde), que c’était l’anniversaire de quelqu’un que j’aime et que je n’arrivais même pas à faire cet effort-là.

Les maux de tête me rendent bête. Vraiment, j’étais déjà pas une flèche avant, mais je suis plus capable de réfléchir, de me concentrer, et surtout de me rappeler des choses. Quelques fois, ce sont même les mots/expressions que je ne retrouve plus, parce qu’il en faut pas beaucoup en ce moment à mon cerveau pour saturer.

L’exemple type, la semaine avant d’aller chez le médecin, un jour je suis sortie entre midi et deux, j’ai laissé mon téléphone dans le Subway. Arrivée au tram (à 15m) je m’en rends compte, j’y retourne, le retrouve. Je m’assieds à l’arrêt de tram (parce que je ne tiens pas debout), je monte dans le tram et comme ce jour-là il pleuvait des cordes, heureusement un passant m’a demandé « Mademoiselle ? C’est votre parapluie ? ». 10minutes après avoir oublié mon téléphone…
Le lendemain j’ai laissé mon trousseau de clé dans le hall de l’immeuble avant de partir au boulot.
Et la semaine d’après, avoir galéré à fixer un rdv avec Quentin, c’est à 19h30 le vendredi que je lui envoie le sms « merde on était pas censés se voir ? ». Plus de tête, alouette.

Mardi, après l’ophtalmo je suis allée bossée, le premier compte rendu que j’ai tapé était plein de fautes, de frappe, d’accord, et même de conjugaison. A tel point que je me suis horrifiée moi-même en me relisant.

Alors voilà, je t’ai tout lâché. Je me sens toute seule pour faire face, parce que quand j’ai essayé d’appeler à l’aide le temps de réponse a été long. Je me sens relativement mise de côté, et pas qu'à cause de mon état, ça n’aide pas, même si c’est antérieur. Je me sens toute seule alors que je reçois du soutien inattendu, et des prières. Et j’ai peur de tout ce que je dis, tout le temps, au boulot, dans la rue, avec les amis. Et je commence à fatiguer d'avoir été tant présente au moindre tressaillement de voix. 

Alors sans vouloir être alarmiste, ben vendredi, j’ai une ponction lombaire, et ça me terrifie autant que ça me soulagera. 



La bise. 

mardi 20 juin 2017

[ Dessin ] Pfff

Yo.
Je propose qu'on passe nos vies en petites culottes et qu'on se lève jamais avant 7h du matin.
Putain.
Entre la température de merde, les élections de merde, la vie en générale, c'est ça où je déménage direction  le Canada, à la frontière avec le Minnesota de préférence.

Autoportrait de l'humeur du moment


Aller.



Le dessin entier est sur Insta.
Bisous bisous.

lundi 29 mai 2017

[ Perso ] Bri au bloc.

Salut, 
J'ai préparé ce post il y a 10 jours, et je t'ai oublié.
Tu m'en veux ? 


Toto* : "Amélie, si tu veux rester dans la salle pendant l'examen, tu dois mettre un tablier de protection."
Bri : "Je peux rester dans la salle pendant l'examen ? *-*"
A ce moment précis, j'ai fait un triple salto arrière, mais que dans ma tête, parske bon je pèse 250kg déjà, et en plus un bloc de radiologie interventionnelle c'est blindé de plein de trucs avec plein de fils qui pendouillent raccordés à plein de scopes accrochés au plafond et sur les murs et... et... et...


Ci dessous, le selfie en bleu trop mignon de retour au secrétariat.
Les photos avec la charlotte, le masque, et le tablier de protection resteront de l'ordre du privé. 
C'était absolument trop trop trop bien. C'est fort dommage que mon grand age m’empêche de changer de carrière pour devenir radiologue interventionnelle. Ou même manipulatrice radio. Mais c'est à refaire dès que mon planning peut correspondre.
Même que je me suis pas évanouie. 

J'avais dormi 2h et j'ai fait 8-19h mais ça va.
Nan j'ai pas les yeux rouges, nan.

Y'a un Smoking Moose sur ce grand moment en attente de colorisation prévu aussi, enfin plutôt pour Insta je pense.
On verra.

Je suis allée en angio pendant 3h, je vais t'en parler pendant 3 ans.
Bisous. 


*Toto = patron adoré de Bri.

mardi 9 mai 2017

[ News ] Là où on m'attend

« Non ça va toujours pas, mais j’ai décidé que je m’en fiche. »
Mes amies ont des réactions tellement merveilleuses et lucides dans le même temps.

Finalement ce n’était pas si difficile. De terminer le dernier cycle, de commencer le nouveau, rien de si compliqué. Pas de couic, pas de mal de ventre, pas d’attente. J’arrive même à faire semblant, et à m’y retrouver, me vider la tête avec du travail, avec des conversations qui ne m’intéressent pas, tout ce faux semblant de relationnel, qui s’étend à gauche et à droite à ce que je croyais être un cercle plus proche qu’il ne l’est en réalité, et qui commence à me rendre indifférente. De même, ce sentiment se rétracte là où je croyais avoir perdu du terrain. Peut être qu'il faut savoir accepter quand on nous laisse une seconde chance.

Non ça ne va pas, non je n’ai rien à dire, non je n’ai pas l’intention d’aller mieux.
Je suis déjà là où on m’attend*, je trouve que c’est pas si mal vu ce que je ressens, ou plutôt ce que je ressens pas.

Ce que je ressens est sur le bout de mes lèvres et derrière mes yeux quand la sensation cotonneuse se dissout, ou lors de situations qui font remonter quelques souvenirs. Et c'est tout, le reste n'est qu'une froide courtoisie.

J'ai fait le vide pendant cette semaine, et ce matin tout était tellement normal, je me suis levée,  je me suis préparée, je me qui maquillée, je suis montée dans le tram, je suis arrivée au CHU. J'avais pas envie, mais je suis là où on m'attends, dans le sens que c'est là que je "dois" être, et je continue de faire semblant d'être toujours merveilleusement moi-même. 
Peut être que toute cette concentration m'évite simplement de penser à ce que je pourrais ressentir.

Donc non, ça va pas, mais moi aussi j’ai décidé que je m’en fiche. 






*Je suis au CHU 8h/jour, à l'étude un semaine sur deux, à l’Église le dimanche matin et derrière mon téléphone le reste du temps si tu en as besoin (et si tu n'en as pas besoin, hélas j'y suis quand même), parske ... où pourrais-je être ailleurs ? 

dimanche 12 mars 2017

[ Insta ] Church

Sortir de sa zone de confort peut paraitre terrifiant. Pourtant il se passe quelque chose de serein et de fort derrière les murs les plus effrayants. Et quelques fois de plus juste.


On ne m'a donné aucun argument biblique pour me dire que "chez nous c'est comme ça" alors je suis allée voir ailleurs, et c'était bien.

vendredi 10 février 2017

[ Perso ] Coin coin.

Vendredi 03/02 : 

Hier j’ai eu 5 ans.

C’est pas rien 5 ans. C’est plein de rebondissements, de moments de joie, de tristesse, d’angoisse ou de fierté professionnels, de rire, de compassion, de découverte médicale, de rencontres, de choix, de prises de tête…

Faudrait-il faire un bilan à ce stade de ma carrière ? Faut-il regarder presque 8 ans en arrière et se dire qu’on a choisi le bon métier malgré les premières années et ce qu’elles ont laissé comme traces ? Faut-il regarder en avant et se demander si on sera toujours curieux et disponible pour la spécialité dans laquelle on évolue ? 
*bisous sur le scanner*

Faut-il tout arrêter (se lancer comme écrivain public ou essayer d’entrer dans le staff de Home Free - alleeeer) à ce moment M de ma carrière. Parce que oui, à l’hôpital, même pour les secrétaires, on parle de carrière.

Je m’étais toujours dit que dans ce métier, on nous demande énormément de chose, mais on ne peut pas parler d’être une femme d’affaire pour autant. Dans le mot carrière il y a une notion d’accomplissement, de sacrifice, surtout quand on est une femme étonnamment. C’est bizarre, mais je ne peux pas imaginer parler de « carrière ». 
Moi je parle de « mon taff », mon service, mon « poste » mais pas de carrière.
En 5 ans je ne me suis jamais posé la question de « carrière ».
Jusqu’à lundi.

Dans >ce post je disais, dans un an, aujourd’hui je dis dans six mois.
C’est à la fois pas la mer à boire, et à la fois dommage.
J'étais en colère et déçue lundi, aujourd'hui il s'est écoulé "une semaine" pendant laquelle j'ai été capable de continuer les efforts que j'avais promis et où j'ai reçu en témoignage la certitude d'être un bon élément, et ce sans avoir rien dit à personne. Et ça me suffit amplement.


Vendredi 10/02 : 

J'ai toujours 5 ans. J'ai toujours 5 ans et j'ai signé le bout de papier qui dit que j'ai 6 mois pour faire mes preuves.

Tu sais cher Journal, ici on parle toujours beaucoup de remise en question, surtout chez les autres. On pose souvent en long post pathétiques comment j'ai merdé, et pourquoi, mais surtout à cause de qui.

Je pourrais te dire que le problème de fond c'est moi, que je me suis laissée couler, que je n'ai pas de raison d'être en colère.

Mais je ne vais pas te dire ça. Je vais me contenter d'être moi, et de faire les choses du mieux possible. Et oublier le mot "carrière" jusqu'à début juillet.


Des bises-paillettes !